Il est facile de sentir que sa propre place n’est pas suffisamment importante quand quelqu’un à côté semble avoir plus d’autorité ou de reconnaissance. Cette insatisfaction, alors même que sa place était déjà un honneur, est ce qui poussa Coré à se révolter contre l’autorité que Dieu avait choisie.
Coré était lévite du clan de Qehath, cousin de Moïse et d’Aaron. Sa famille occupait déjà un rôle de premier plan : les Qehathites étaient chargés de transporter les objets sacrés du tabernacle, un service de grand honneur au sein du camp d’Israël.
Pourtant, Coré ne se contenta pas de cette fonction. Il réunit Dathan et Abiram, de la tribu de Ruben, ainsi que 250 chefs respectés du peuple, et affronta Moïse et Aaron, affirmant que toute la communauté était sainte et que personne n’avait le droit de s’élever au-dessus des autres (Nombres 16:1-3).
Moïse proposa une épreuve devant l’Éternel : chaque groupe offrirait de l’encens, et Dieu montrerait qui il avait choisi pour le sacerdoce (Nombres 16:5-7). Le lendemain, la terre s’ouvrit et engloutit Coré, Dathan, Abiram et leurs familles, tandis qu’un feu venu de l’Éternel consumait les 250 hommes qui offraient l’encens (Nombres 16:31-35).
Ensuite, Dieu confirma publiquement le choix d’Aaron : parmi les bâtons de chaque tribu placés devant l’arche, seul celui d’Aaron fleurit et produisit des amandes (Nombres 17:1-8), mettant fin à tout doute sur celui qu’il avait désigné.
L’histoire, cependant, ne s’arrête pas à la destruction. La Bible rapporte que les fils de Coré ne moururent pas avec leur père (Nombres 26:11), et des générations plus tard, les descendants de Coré devinrent chantres et gardiens du sanctuaire, auteurs de plusieurs psaumes qui adorent aujourd’hui le même Dieu contre qui leur ancêtre s’était révolté (1 Chroniques 6:31-38 ; 9:19 ; titres des Psaumes 42, 84 et 88, entre autres).
La révolte de Coré est retenue comme un avertissement : la lettre de Jude cite la rébellion de Coré comme exemple de ceux qui méprisent l’autorité établie par Dieu (Jude 1:11). Mais la restauration de sa descendance montre quelque chose de plus grand : l’appel de Dieu n’est pas une hiérarchie de valeur, et aucune rébellion familiale n’est hors de portée de la grâce de celui qui continue d’utiliser les descendants de qui s’est révolté.