Vous est-il déjà arrivé de préférer une bonne nouvelle fausse à une vérité dure ? Le désir de croire ce qui soulage la douleur est humain, et c’est précisément ce désir qu’Hanania, fils d’Azzur, a exploité devant tout le peuple de Juda.
Il était prophète, venait de Gabaon et apparut dans le temple de Jérusalem au cinquième mois de la quatrième année du règne de Sédécias, alors que Juda vivait déjà sous le joug de Babylone. Devant les prêtres et le peuple réuni, il annonça que l’Éternel briserait en deux ans la puissance de Nabuchodonosor, ramenant les exilés et les ustensiles sacrés du temple.
Jérémie se trouvait là, portant littéralement un joug de bois sur le cou, signe prophétique que Juda devait se soumettre à Babylone bien plus longtemps encore. Hanania lui arracha le joug et le brisa devant tous, mettant en scène sa promesse de libération rapide.
Le geste était fort, l’assistance voulait y croire, mais la parole ne venait pas de l’Éternel. Jérémie se retira en silence et, peu après, revint avec une réponse encore plus dure : à la place du joug de bois brisé, le peuple porterait un joug de fer. Le mensonge n’allégeait pas le châtiment, il ne faisait que retarder l’heure de la vérité.
Jérémie alla alors droit au but : Hanania avait poussé la nation à se confier dans le mensonge, et pour cela il mourrait encore cette année-là. Il n’existe aucune trace de rétractation ni de repentance. Au septième mois, Hanania mourut, exactement comme Jérémie l’avait annoncé.
La Bible ne parle de lui que dans ce seul chapitre, et cela constitue déjà un sermon en soi : toute une vie résumée au moment où il choisit de dire au peuple ce qu’il voulait entendre, plutôt que ce que Dieu disait réellement.
L’histoire d’Hanania demande au lecteur d’aujourd’hui ce qu’il préfère entendre de ses dirigeants spirituels, le confort immédiat ou la vérité qui exige un changement. Dieu n’abandonne pas son peuple à son propre sort, mais il ne confirme pas non plus toute voix qui parle en son nom simplement parce que la foule applaudit.