Peuple non atteint Frontière
Les bansphors forment une caste du nord de l’Inde dont le nom même raconte son histoire : il vient de « bans », le bambou, et « phorna », fendre ou éclater. Depuis des générations, c’est cet art qui les définit, transformer des tiges de bambou en paniers, tamis, plateaux et meubles utilisés dans presque tous les foyers de la région. Aujourd’hui, ils vivent dispersés dans des États comme l’Uttar Pradesh, le Bihar, le Jharkhand, le Rajasthan et l’Assam, et tous ne perpétuent pas le métier ancestral : beaucoup ont migré vers le travail agricole ou des emplois urbains loin de leur terre natale.
Ils sont considérés comme un sous-groupe des doms, l’une des castes historiquement reléguées aux services les plus dévalorisés de la société indienne, et pratiquent une forte endogamie, se mariant presque exclusivement entre eux. Cette origine marque profondément la place qu’ils occupent : reconnus pour leur habileté manuelle, mais portant aussi le poids d’une hiérarchie sociale qui les a maintenus en marge pendant des siècles.
En tant que sous-groupe des doms, les bansphors portent une origine historiquement marquée par le stigmate de l'intouchabilité, attribué aux castes reléguées aux métiers considérés impurs par la société indienne traditionnelle. Dès la période coloniale britannique, des communautés comme celle-ci furent visées par des lois qui stigmatisaient des groupes entiers dès la naissance, un poids que beaucoup de familles ressentent encore aujourd'hui, des décennies après l'abrogation de ces lois. Au fil des générations, les bansphors se sont établis comme artisans itinérants, portant paniers, tamis et ustensiles de bambou aux marchés hebdomadaires des villages, un rôle qui les a maintenus économiquement liés aux communautés locales sans jamais y être pleinement acceptés.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Inde Non atteint
|
100%
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161.000 |
Le bambou façonne encore le quotidien de nombreuses familles bansphor : avec des tiges fendues à la main, elles produisent tamis, paniers et ustensiles domestiques vendus sur les foires et marchés de rue. C’est un travail de précision manuelle, transmis de père en fils, qui exige patience et savoir accumulé sur le matériau. Dans le même temps, l’érosion de ce métier traditionnel pousse une partie de la communauté vers l’agriculture et des travaux temporaires dans d’autres régions.
La vie sociale s’organise autour de la communauté de caste, qui régule les mariages et renforce les liens d’appartenance face à une société plus large qui les a historiquement tenus à distance. Un prêtre brahmane conduit les rites de naissance, de mariage et de mort, même lorsque l’accès aux temples du village leur est restreint.
Les bansphors sont des hindous dévots, mais leur foi se vit en marge des espaces religieux formels : en raison du faible statut social attribué à leur caste, beaucoup ne peuvent pas adorer à l’intérieur des temples du village. Malgré tout, le prêtre local prononce des prières en leur nom, une solution qui maintient leur participation à la vie religieuse sans franchir les barrières de caste.
Ils vénèrent des divinités régionales aux côtés de figures du panthéon hindou plus large, comme Vaishno Devi et Jwalaji, y cherchant protection et bénédiction pour la famille et le travail. La foi se mêle à l’identité de caste d’une manière qui rend difficile de distinguer l’une de l’autre.
Le hindi, langue principale parlée par les bansphors aux côtés de variantes régionales comme l’awadhi, dispose de la Bible complète depuis de nombreuses décennies, y compris des versions audio largement disponibles sur des applications et plateformes en ligne. La barrière n’est donc pas l’absence de traduction, mais la portée : des communautés comme celle-ci ont rarement un contact direct avec les Écritures ou avec quelqu’un qui les leur présente dans leur propre réalité sociale.
Le nord de l’Inde a historiquement peu reçu l’Évangile, et les bansphors n’ont presque aucun contact avec des disciples de Christ. À cela s’ajoute le poids de la hiérarchie de caste : leur position sociale les isole déjà des temples de leur propre religion, et tout changement de foi risque de rompre des liens familiaux et communautaires construits sur des siècles d’appartenance à un groupe fermé.
Comme beaucoup de castes historiquement marginalisées en Inde, les bansphors font face au besoin de reconnaissance et de dignité devant une structure sociale qui les a maintenus en marge. La transformation de leur métier traditionnel en activité de moins en moins rentable accroît aussi la recherche de nouvelles formes de subsistance et de stabilité pour les familles.
Il leur manque surtout quelqu’un pour leur présenter Christ d’une manière qui n’exige pas d’abandonner leur communauté, et un espace pour découvrir que leur valeur ne dépend pas de la place que la caste leur a attribuée.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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