Peu de choses marquent autant une personne que le nom choisi par ses parents avant même qu’elle puisse donner son avis. Certains noms portent l’espérance, d’autres portent l’histoire d’une douleur ou d’une décision vécue par les parents. Jizréel est né avec un tel nom : non pas choisi par lui, mais imposé par Dieu à travers son père.
Jizréel fut le premier fils du prophète Osée et de son épouse Gomer (Osée 1:3). Avant même sa naissance, Dieu avait déjà annoncé à Osée la signification de cet enfant : son nom pointerait vers le massacre survenu dans la vallée de Jizréel et vers la fin prochaine du royaume d’Israël, alors sous la dynastie de Jéhu (Osée 1:4).
Porter ce nom n’était pas rien. Chaque fois que quelqu’un l’appelait, la ville entendait de nouveau l’annonce d’un jugement qui approchait : la puissance militaire d’Israël serait brisée dans la même vallée qui donnait son nom au fils d’Osée (Osée 1:5). Jizréel devint, sans rien faire, un sermon vivant qui marchait dans les rues.
Mais l’histoire de son nom ne s’est pas arrêtée au jugement. Quelques versets plus loin, Osée prophétisa que viendrait le jour où Juda et Israël, réunis sous un seul chef, se relèveraient du pays, « car il sera très grand, le jour de Jizréel » (Osée 1:11). Le nom qui annonçait la dispersion se mit à annoncer la réunion.
Plus loin encore, Dieu reprend le même nom dans l’une des plus belles promesses du livre : les cieux répondront à la terre, la terre répondra au blé, au vin nouveau et à l’huile, et ceux-ci répondront à Jizréel (Osée 2:22-23). Le nom qui signifiait jugement se remit à signifier exactement ce qu’il avait toujours voulu dire, « Dieu sème », mais désormais comme promesse d’abondance.
Combien d’entre nous portons un nom, une étiquette ou une histoire de famille que nous n’avons pas choisis ? Un nom de famille lié à une honte, un surnom d’enfance qui ne nous a jamais quittés, un diagnostic qui semble définir qui nous sommes. Jizréel montre que le même nom peut signifier des choses différentes selon celui qui le prononce en dernier.
Dieu n’efface pas les faits de l’histoire d’Israël, mais il en change le sens final. C’est ce même Dieu qui, aujourd’hui encore, réécrit le sens des étiquettes que nous portons, sans nier l’histoire, mais en la transformant en promesse.