1482–1531

Réformateur · Théologien

Jean Œcolampade

Resumo
Réformateur allemand qui a mené l'introduction de la pensée biblique réformée à Bâle, en Suisse. Érudit en grec, en latin et en hébreu, il a collaboré avec Érasme sur le Nouveau Testament grec et a défendu que la discipline de l'Église revienne à la congrégation elle-même, et non au gouvernement civil.
Quem foi
Biografia

Beaucoup de gens ont déjà senti qu’ils s’étaient trompés de vocation, même après des années de préparation. Jean Œcolampade, érudit talentueux dans les langues bibliques, a vécu cette quête avant de devenir l’un des chefs de file de la Réforme protestante en Suisse.

Né en 1482 dans la ville allemande de Weinsberg, fils d’un marchand, il étudia les humanités à Heidelberg puis, plus tard, la théologie à Tübingen, où il fut en contact avec l’humanisme et devint habile en grec, en latin et en hébreu. Encore jeune, son nom de famille, Hussgen, fut hellénisé en Œcolampade, ce qui signifie lampe de la maison.

En 1515, il s’installa à Bâle, en Suisse, pour aider l’humaniste Érasme de Rotterdam à préparer la première édition imprimée du Nouveau Testament grec. Ce travail rigoureux sur le texte biblique original marquerait toute son œuvre ultérieure de prédicateur.

En quête d’une vie de plus grande consécration et troublé par les idées de Luther, il entra dans un monastère en 1520, mais quitta l’habit environ deux ans plus tard, convaincu que ce n’était pas le chemin chrétien idéal. Il résuma cette expérience dans une phrase restée célèbre : il avait perdu le moine et trouvé le chrétien.

De retour à Bâle en 1522, il devint prédicateur puis, en 1523, lecteur de Sainte Écriture à l’université de la ville. Ami proche du réformateur suisse Ulrich Zwingli, il se rapprocha de sa lecture symbolique de la Cène du Seigneur, ce qui le mit en désaccord avec Martin Luther.

En février 1529, une révolte populaire envahit les rues de Bâle, détruisit des images et des autels dans les églises et força le départ des conseillers catholiques, ouvrant la voie à la Réforme dans la ville. Œcolampade devint le principal pasteur de la nouvelle Église réformée, bien que cet épisode de violence contre le patrimoine religieux reste une page sombre de cette histoire.

En tant que chef de l’Église de Bâle, il défendit que l’excommunication et la discipline ecclésiastique soient exercées par l’Église elle-même, et non par le conseil de la ville. Le conseil refusa de céder tout ce pouvoir, et Œcolampade accepta une solution de compromis, avec des commissions mixtes de conseillers et de représentants de la congrégation.

La même période vit le gouvernement de Bâle persécuter les anabaptistes qui rebaptisaient les adultes : en 1530, l’un d’eux fut décapité sur ordre du conseil, et un autre échappa à la même sentence grâce à une demande de clémence d’Œcolampade lui-même. Il débattit à plusieurs reprises avec le groupe sans parvenir à les faire changer d’avis, reflet des limites de cette quête d’unité religieuse et d’une tache que la tradition réformée naissante porte encore aujourd’hui.

Zwingli mourut en octobre 1531, lors de la bataille de Kappel. Bouleversé par la perte de son ami, Œcolampade décéda quelques semaines plus tard, le 24 novembre, laissant un héritage d’érudition biblique qui inspire encore aujourd’hui l’étude des Écritures dans leurs langues originales.

“J'ai perdu le moine, j'ai trouvé le chrétien.”
Jean Œcolampade · À propos de sa sortie de la vie monastique, vers 1522
Linha do tempo
1482

Naissance à Weinsberg

Fils d'un marchand, dans l'Électorat palatin, Allemagne.

1515

Arrivée à Bâle

Il commence à collaborer avec Érasme de Rotterdam à l'édition du Nouveau Testament grec.

1520

Brève vie monastique

Il entre dans un monastère et le quitte environ deux ans plus tard, en 1522.

1522

Retour à Bâle

Il assume la fonction de prédicateur dans la ville qui deviendrait le centre de son ministère.

1523

Dispute publique sur les abus ecclésiastiques

Tenue le 20 août, elle consolida son autorité théologique dans la ville.

1528

Mariage avec Wibrandis Rosenblatt

1529

Victoire de la Réforme à Bâle

Après une révolte populaire en février, il devient Antistes de l'Église réformée de la ville.

1530

Traité sur l'excommunication

Sa proposition de discipline ecclésiastique autonome est partiellement rejetée par le conseil de la ville.

1531

Mort à Bâle

Il décède le 24 novembre, quelques semaines après la mort de son ami Ulrich Zwingli à Kappel.

Obras e marcos

Nouveau Testament grec d'Érasme

1516

Il servit de consultant en hébreu et rédigea l'épilogue de la première édition imprimée du Nouveau Testament grec, aux côtés d'Érasme de Rotterdam.

Grammaire grecque

1518

Il publia une grammaire de la langue grecque, outil pour l'étude directe du Nouveau Testament dans sa langue originale.

Traductions des Pères de l'Église

années 1510-1520

Il traduisit en latin des œuvres de Chrysostome, Basile et Grégoire de Nazianze, rapprochant les réformateurs de la tradition patristique.

Dispute publique de Bâle

20 août 1523

Il mena un débat public sur les abus ecclésiastiques qui impressionna même des adversaires comme Érasme.

Antistes de l'Église réformée de Bâle

1529

Il devint le principal pasteur de la ville après la victoire de la Réforme, dirigeant l'organisation du culte et de la prédication réformés.

Oratio de reducenda excommunicatione

1530

Traité défendant la discipline ecclésiastique sous l'autorité de l'Église, et non du conseil de la ville.

Ébauche de la Confession de Bâle

1531 (ébauche) ; adoptée en 1534

Il rédigea l'ébauche que son successeur, Oswald Myconius, compléterait pour en faire la première confession de foi réformée de Bâle.

Contribuições
1

Érudition biblique dans les langues originales

Sa formation en grec, en latin et en hébreu servit de base à la première édition imprimée du Nouveau Testament grec et à des traductions des Pères de l'Église, élevant le niveau de rigueur exégétique de la Réforme.

2

Autonomie de la discipline ecclésiastique

Il défendit que l'excommunication et le soin moral de la congrégation soient exercés par l'Église elle-même, et non par le gouvernement civil, un principe qui résonnerait plus tard à Genève, avec Calvin.

3

Organisation de l'Église réformée de Bâle

En tant qu'Antistes, il structura le culte, la prédication et la vie confessionnelle de la ville, laissant un modèle d'Église réformée organisée.

4

Dialogue entre les courants de la Réforme

Sa participation aux côtés de Zwingli au Colloque de Marbourg contribua à clarifier, même sans accord final, les différences entre réformés et luthériens sur la Cène du Seigneur.

Legado missionário

Son insistance sur la lecture de la Bible dans ses langues originales guide encore aujourd'hui le travail des traducteurs et des chercheurs bibliques à travers le monde.

Le principe selon lequel l'Église locale, et non l'État, doit veiller sur sa propre discipline spirituelle inspire aujourd'hui des communautés chrétiennes qui servent sous des gouvernements hostiles ou indifférents à la foi.

La tradition réformée qu'il aida à implanter à Bâle se répandit à travers l'Europe et nourrit, dans les générations suivantes, l'élan missionnaire protestant qui porterait l'Évangile à d'autres continents.

Son profil d'érudit ayant servi avec humilité, sans la notoriété de Luther ou de Calvin, inspire aujourd'hui des ouvriers et des traducteurs bibliques qui œuvrent sur des champs de mission peu visibles.

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